Pour François Hollande, Pierre Gattaz a « un problème de langage »


François Hollande a reproché lundi soir au président du Medef de ne pas "maîtriser son expression" après que Pierre Gattaz eut jugé la situation économique de la France "catastrophique", contredisant le chef de l'Etat qui estime la reprise réelle mais fragile.

"Je crois que là, il y a un problème de langage", a dit le président français lors d'un dîner avec l'association de la presse présidentielle.

"Ce langage-là doit changer, il est très important sur le plan économique qu'il puisse y avoir au moins la prise en considération de ce qu'il s'est fait", a ajouté François Hollande, évoquant les baisses de charges et d'impôts du pacte de responsabilité en faveur des entreprises.

François Hollande a jugé qu'en peignant un portrait noir de l'économie française, Pierre Gattaz envoyait un message pessimistes à même de décourager ses mandants, les chefs d'entreprises.

"Je crois qu'il y a un problème d'expression qui peut avoir des conséquences économiques", a souligné le chef de l'Etat.

Dans un entretien publié lundi par Le Figaro, le président de la première organisation patronale française a estimé que la croissance n'était pas au rendez-vous.

"Il n'y a plus d'investissement et plus d'embauche (…) La situation économique du pays est catastrophique."

Pierre Gattaz dit voir surtout chez les chefs d'entreprises français de la méfiance et de l'attentisme et exhorte François Hollande et le gouvernement à passer à la "phase 2" du pacte de responsabilité.

Ce pacte prévoit 41 milliards d'euros de baisses de charges et d'impôts en trois ans à destination des entreprises, en échange d'engagements en termes d'investissements, d'embauches et d'efforts de formation à négocier dans les branches, comme vient de le faire celle de la chimie.

La trajectoire de ces baisses de prélèvements est inscrite dans les lois de finances et de financement de la Sécurité sociale rectificatives, en cours d'adoption par le Parlement.

Pierre Gattaz souhaite des mesures supplémentaires pour rétablir la confiance des investisseurs français et étrangers, comme l'abandon de la surtaxe de 75% payée par les entreprises sur les rémunérations supérieures à un million d'euros versées en 2013 et 2014.

Il plaide également de nouveau pour une révision des seuils sociaux, qui imposent des obligations supplémentaires aux entreprises en fonction de leurs effectifs, et pour la levée de l'interdiction du travail le dimanche et après 21h00.

Le président du Medef réitère enfin son idée d'un salaire minimum inférieur au smic pour les chômeurs de longue durée, afin de leur permettre de retrouver un emploi.

"Le niveau du smic doit pouvoir être discuté avec les partenaires sociaux pour que les populations très éloignées de l'emploi (…) puissent retrouver un travail", dit-il.

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Sources: Boursier.com / Reuters / Relayé par MetaTV(metatv.org)

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