Les membres du gouvernement lèvent le voile sur leur patrimoine 1


En accord avec la loi d'octobre 2013, les ministres et secrétaires d'État sont forcés de mettre à nu leurs richesses. On y découvre qu'ils préfèrent l'immobilier aux valeurs boursières.

 

 

 

 

Le secrétaire d'État Jean-Marie Le Guen a été rappelé à l'ordre pour avoir sous-évalué des biens immobiliers par la Haute autorité pour la transparence de la vie politique, qui a publié vendredi 27 juin les déclarations de patrimoine des 32 ministres et secrétaires d'État.

Jean-Marie Le Guen, chargé des Relations avec le Parlement depuis avril 2014, a eu droit à une observation particulière de la part de la Haute autorité. Elle a en effet annoncé avoir "relevé que les biens et droits immobiliers détenus par l'intéressé étaient évalués à des montants inférieurs aux prix constatés pour des biens comparables" et lui avoir adressé une "appréciation".

Jean-Marie Le Guen, propriétaire de plusieurs biens immobiliers et assujetti à l'ISF, a finalement tenu compte de ces observations et revu à la hausse la valeur de son patrimoine.

"Dans ma déclaration de patrimoine, j'ai choisi de reprendre l'estimation de celui-ci effectuée par la HATVP", a réagi le secrétaire d'État, médecin de profession, dans un communiqué succinct. "Personne ne peut donc parler de sous-estimation. La lecture de l'appréciation de la Haute autorité se suffit à elle-même", explique-t-il.

L'immobilier privilégié

C'est la deuxième fois que cette autorité épingle un membre du gouvernement. En mars dernier, elle avait évoqué "un doute sérieux quant à l'exhaustivité, l'exactitude et la sincérité" des déclarations de patrimoine de l'ancienne ministre déléguée à la Francophonie Yamina Benguigui, entraînant l'ouverture d'une enquête préliminaire par le parquet de Paris. L'intéressée avait démenti toute "fraude" ou "enrichissement personnel".

Créée après l'affaire Cahuzac, cette Haute autorité a publié sur son site les déclarations de patrimoine et d'intérêts des membres du gouvernement, conformément à la loi du 11 octobre 2013 sur la transparence.

Dans cet exercice de transparence, ministres et secrétaires d'État indiquent la superficie et le prix des logements dont ils sont propriétaires, ainsi que les comptes, livrets ou assurances vie qu'ils détiennent, avec les montants au centime près, ainsi que les prêts qu'ils ont éventuellement contractés ou les oeuvres d'arts qu'ils possèdent.

A l'image des Français, ils semblent miser sur l'immobilier plutôt que sur des valeurs boursières par exemple.

Dans le détail…

Le Premier ministre, Manuel Valls, indique ainsi posséder deux appartements, un dans l'Essonne et un appartement de 44 mètres carrés à Paris, acheté 315.000 euros en 2010. Il dispose aussi d'un compte chez BNP Paribas, ainsi qu'un compte épargne et un PEL.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve déclare quant à lui posséder une maison de 120 mètres carrés estimée à 550.000 euros et le ministre de l'Économie Arnaud Montebourg deux appartements, un parking et une maison ("avec jardin") achetée 221.000 euros en 2004. Il déclare également, un fauteuil Charles Heams, acheté "28.000 francs en 1988" et une Peugeot 407 achetée en 2007.

Entré au gouvernement cette année, le ministre du Travail, François Rebsamen, fait état d'une maison estimée à 380.000 euros et d'un appartement d'une valeur de 100.000 euros.

Une première également pour la ministre de l'Écologie Ségolène Royal qui déclare entre autres un appartement de 120 mètres carrés avec "cave et garage" d'une valeur de 1.200.000 euros à Boulogne (Hauts-de-Seine). Elle précise ne pas y avoir réalisé de travaux, à part la "peinture" et le "carrelage".

Parmi les mieux lotis du gouvernement, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, déclare deux maisons et un appartement, d'une valeur totale de 3.343.000 euros ainsi que 340.000 euros de "meubles et objets d'art".

La ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, est elle entrée dans les détails, déclarant "trois lits", "trois tables", "un canapé", "deux fauteuils", "dix chaises", un "réfrigérateur", une "machine à laver" et "des bijoux" pour une valeur de 22.000 euros.

Le ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, possède quant à lui une Renault Clio de 1994, valeur actuelle zéro euro, et une moto BMW de 2.000 euros. La garde des Sceaux , Christiane Taubira déclare divers terrains en Guyane, mais également quatre vélos d'une valeur d'acquisition totale de 1.300 euros.

La secrétaire d'État au Numérique, Axelle Lemaire, a elle inscrit un violon et un archet estimés à 10.000 euros, une bague (25.000 euros) et une voiture Mercedes (10.000 euros). Harlem Désir possède pour sa part des tableaux et lithographies de l'artiste-peintre Henri Guédon, des "cadeaux de l'artiste de son vivant", d'une valeur "aux alentours de 5.000 euros", ainsi qu'une Renault Scénic.

 

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Source : Challenges, le 27.06.2014 / Relayé par MetaTV(metatv.org)

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