Jacques Attali au Congrès juif mondial : « Notre rôle est d’aider à la création d’une bourgeoisie musulmane » 1


Découvrez comment Jacques Attali encourage la mise sous tutelle sioniste de l’islam de France.

Il est capable de réunir Manuel Valls et Alain Juppé au forum économique qu’il a présidé, fin septembre, au Havre.

Il fut le mentor politique de François Hollande, le conseiller spécial de François Mitterrand et le rapporteur de Nicolas Sarkozy.

Écrivain prolixe et consultant en stratégie, Jacques Attali, âgé de 70 ans et issu d’une famille séfarade d’Algérie, est également un artisan discret du communautarisme juif et sioniste sur la scène internationale.

Le 30 mars, il inaugura ainsi la session du comité exécutif du Congrès juif mondial, réuni à l’hôtel Intercontinental de Paris.

« Bras diplomatique du peuple juif » comme elle se surnomme, la direction du CJM, fondé en 1936 et basé à New-York, s’était rassemblée durant trois jours sans la moindre couverture médiatique hexagonale. Il fallait lire le Jerusalem Post ou le Buenos Aires Herald pour apprendre incidemment que cette influente organisation était présente dans la capitale française. Au lendemain du second tour des élections municipales- jour des tractations secrètes pour l’avenir de Matignon, la presse française traditionnelle n’a visiblement pas jugé pertinent de couvrir l’évenement rapporté jusqu’en Israël et en Argentine.

Une regrettable lacune journalistique: la plupart des citoyens qui s’informent auraient ainsi pu apprendre que les dirigeants du CJM (parmi lesquels figurent les Français David de Rothschild et Roger Cukierman, président du Crif) avaient fait savoir, dans un communiqué de presse, qu’ils avaient « fait l’éloge du nouveau Premier ministre Manuel Valls pour avoir agi avec détermination contre le comédien antisémite Dieudonné » et soutenu la « pleine légitimité des mesures qui restreignent la liberté de parole ». 

Soulignons également que Manuel Valls figurait dans le programme des intervenants: le lundi 31 mars, le « ministre de l’Intérieur » était censé tenir un discours lors du dîner de gala. Le lendemain matin, François Hollande le nommait Premier ministre. A-t-il maintenu ou annulé sa venue en raison de l’imminent remaniement ministériel? Mystère.

Jacques Attali, quant à lui, fut bien présent comme en témoigne une vidéo récemment mise en ligne par le site du CJM.

Face au milliardaire américain Ronald Lauder, président ultra-sioniste du CJM, l’auteur du Dictionnaire amoureux du judaïsme et de l’essai Les Juifs, le monde et l’argent a tenu -en anglais- des propos stupéfiants (passage visible dès 6’40).

Si la France ne réussit pas à organiser une cohabitation pacifique entre juifs et musulmans, celle-ci ne réussira nulle part ailleurs dans le monde. Nous avons les plus grandes communautés juives et musulmanes dans le monde occidental.

C’est notre devoir, en Europe et principalement en France, de réussir cette coopération pacifique. Et cela peut marcher.

J’ai fondé une société de micro-finance et nous travaillons dans les banlieues où nous aidons des musulmans pauvres.

Nous y avons trouvé des gens formidables. Il y a des gens formidables dans la communauté musulmane.

Deux problèmes: premièrement, il n’y a pas de leader. Il n’y a pas de David de Rothschild, il n’y a pas de Roger Cukierman.

Je dirais, à propos, que c’est notre rôle, partout dans le monde où il y a une communauté musulmane, d’aider à la création d’une bourgeoisie musulmane.

La clé pour un monde musulman pacifique, c’est une bourgeoisie musulmane.

C’est notre rôle de les aider.

Nous avons besoin de musulmans riches. Nous avons besoin de familles fortunées et nous avons besoin qu’elles financent leurs propres organisations. Pouvez-vous imaginer qu’il y ait un seul lycée musulman en France? (…)

Je veux souligner ceci : il est beaucoup plus difficile aujourd’hui d’être musulman que juif en France. Si vous avez un nom juif, vous pouvez presque aller partout. Si vous avez un nom musulman, vous trouvez presque toutes les portes fermées. Et c’est aussi notre rôle de les aider, de les sortir de la frustration. 

L’origine d’une telle générosité? Il faut se référer à une définition de « l’altruisme » selon Jacques Attali : c’est « l’égoïsme intelligent ».

Pour saisir la motivation de la proposition singulière de Jacques Attali, il faut également puiser dans son exposé sur « l’avenir incertain des juifs au XXIème siècle », formulé –en mars 2007– devant le Fonds social juif unifié (alors dirigé par Pierre Besnainou, promoteur enthousiaste de « l’aliyah »).


Après avoir comparé la communauté juive mondiale à une « avant-garde » (une métaphore élogieuse récemment employée par Manuel Valls), Jacques Attali, cofondateur d’une association dénommée « Socialisme et judaïsme » (à laquelle appartient la plume de Valls), avait déjà encouragé à « aider la création d’une bourgeoisie musulmane » en précisant alors sa pensée (dans la seconde vidéo ci-dessus, à partir de 2’30).

Je suggère de regarder ce que fait la communauté juive anglaise qui a aujourd’hui un rôle très intéressant dans ses relations avec l’islam anglais (…).

Nous devons aider les autres. Je crois qu’il est de notre responsabilité d’aider à concevoir un rapport à l’islam qui soit différent. À la fois parce que cela va nous aider en France et parce que cela nous donnera un rôle pour aider à concevoir le rapport entre Israéliens et Palestiniens. 

Il nous importe… il est fondamental pour la survie d’Israël que les Palestiniens et les Israéliens s’entendent bien. Il est fondamental pour que cette paix ait lieu là-bas qu’elle ait lieu ici. Et je pense que c’est une des très grandes responsabilités de la communauté juive, et des juifs de France, de jouer un rôle dans l’intégration des communautés musulmanes.

(…)

Il n’y a pas de bourgeoisie musulmane. Il est donc très important d’aider à la créer et de créer les conditions que le dialogue judéo-musulman aide à son renforcement.

Cela ne veut pas dire qu’il faille se substituer à la puissance publique. Ça veut dire qu’il importe à la communauté juive de jouer un rôle.

En Angleterre, par exemple, la bourgeoisie juive finance des imams pour éviter que des imams trop radicaux viennent d’ailleurs.

La « survie d’Israël »: tel est le souci ultime de Jacques Attali.

Nul étonnement à ce que les figures musulmanes les plus soutenues par les leaders de la communauté juive (Hassen ChalghoumiDalil BoubakeurRachid Birbach) soient précisément les plus dénuées de toute aptitude à la critique d’Israël. Leur principal défaut, semble néanmoins suggérer Attali ? Une carence problématique de charisme et de leadership.

Le 14 juillet, au début des opérations militaires israéliennes lancées contre Gaza, l’homme faisait connaître sur son blog sa crainte d’une « fin programmée » du régime colonial et ségrégationniste de Tel Aviv. Son appréhension? L’alignement futur des dirigeants des pays musulmans, de plus en plus exaspérés par l’enlisement du conflit israélo-palestinien, en faveur d’un « État unique et binational ».

Cette solution, maintes fois proposée par plusieurs personnalités ou organismes pacifistes et sensibles au drame des Palestiniens, semble pourtant terroriser Jacques Attali.

Nulle surprise. Ce « bon ami d’Israël »-comme le présente aimablement un média israélien proche de la droite nationaliste et religieuse- cultive, depuis quarante ans, une proximité affective et intellectuelle avec un pilier historique du régime sioniste : Shimon Peres.

Prix Nobel de la paix 1994 mais également architecte principal du programme nucléaire illégal de l’État hébreu et co-responsable de « l’opération Susannah » (des attentats israéliens commis en 1954 sur le sol égyptien, notamment contre des intérêts américano-britanniques, et imputés mensongèrement aux islamistes égyptiens), Shimon Peres demeure adulé en France, notamment par les porte-paroles médiatiques de la frange sioniste de la gauche (tel le journaliste neo-muslim-friendly Claude Askolovitch). En juin 2013, le président israélien avait également bénéficié, à la veille de ses 90 ans, d’un hommage exceptionnel au cours duquel se sont joints Bill ClintonTony Blair, Mikhaïl Gorbatchev, Ban Ki-moon ainsi que le publicitaire Maurice Lévy, l’écrivain Elie Wiesel et le chanteur Bono de U2.

Un mois plus tard, invité par l’ambassadeur de France à la réception du 14 juillet, l’ex-Président israélien n’hésita pas à tenir cette déclaration stupéfiante et jamais rapportée par la presse traditionnelle de l’Hexagone: 

Dans la politique française, je m’immisce autant que je veux et, de toute façon, tout le monde s’en moque.

Connaisseur des arcanes de la vie politique hexagonale depuis 1953 (date à laquelle il commença à travailler avec le ministère français de la Défense) et longtemps proche de François Mitterrand, Shimon Peres exprimait ici, pour la première fois et avec désinvolture, sa satisfaction à propos de la réussite de son entrisme.

Rappelons par ailleurs que l’un des derniers actes politiques de Shimon Peres consista à rendre hommage à l’ex-Grand rabbin Ovadia Yossef, décédé en octobre 2013 et réputé pour son racisme viscéral à l’encontre des Palestiniens, des Afro-Américains et des non-juifs.

Il y  quelques heures, je suis allé à l’hôpital dire adieu à mon professeur, mon rabbin, mon ami Ovadia Yossef. Ce fut un moment difficile.

Mes yeux étaient embués de larmes et ma gorge était saisie par l’émotion. J’ai tenu sa main qui était encore chaude et j’ai embrassé son front.

Quand je pressais sa main, je sentais que j’étais en train de toucher l’Histoire et quand j’ai embrassé sa tête, c’était comme si j’embrassais exactement la grandeur d’Israël.

Qu’à cela ne tienne : aux yeux de ses chantres et de ses amis (parmi lesquels figure Jacques Attali), Shimon Peres (dont le mandat présidentiel s’est terminé en août dernier) continuera à incarner le visage aimable de l’expansionnisme sioniste, plus avenant que la rudesse d’un Netanyahou ou la brutalité d’un Sharon. C’est d’ailleurs en compagnie de ce dernier que Shimon Peres avait occupé le poste stratégique de ministre des Affaires étrangères en 2001/2002. L’homme, autrefois co-responsable d’attentats sous faux drapeau commis en Égypte, était idéalement placé pour gérer et alimenter la communication diplomatique de crise suscitée par les événements du 11 septembre. Et contrairement à l’opération Susannah de 1954 (dont la véracité historique ne fait plus débat), la connexion israélienne du 11-Septembre, largement étayée par un ensemble de faits concordants et indéniables, n’a pas encore été portée à son « crédit » ou à celui des autres dirigeants israéliens (Ariel SharonEhud Barak et Benyamin Netanhayou) qui ont préparé (en amont et avec la complicité de relais américains dévoués à la cause ultra-sioniste) l’opération mystificatrice de New York.

Mais ceci est une autre histoire

Une histoire que n’a toujours pas contée l’essayiste féru de géopolitique et d’ésotérisme qu’est Jacques Attali. 

À défaut d’exposer un jour la véritable trame du 11-Septembre, comptons sur le consultant choyé par Hollande, Valls, Sarkozy et Juppé pour continuer à encenser l’État d’Israël, y compris de manière artistique. En octobre 2012, l’homme a co-dirigé l’orchestre symphonique de Jérusalem, cette ville occupée par l’armée israélienne dont il envisage sérieusement qu’elle puisse devenir un jour la « capitale d’un gouvernement mondial ».

Et c’est ainsi que Jacques Attali dirigea l’hymne national israélien.

 

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Source : Panamza / Hicham Hamza, le 11.10.2014 / Relayé par MetaTV(metatv.org)

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